seconde chance

dérive : équation nocturne
la dérivée donne, sonne, la pente du temps
comme on revient sur ses pas,
leurs parcours de jadis,
voir ce que l’on avait manqué
les bifurcations ignorées
ce que cachaient les portes cochères
ce que que dérobaient les grilles
les jungles d’arrière-cours
une synchronicité de couleurs
comme on reprend langue
dans un silence intérieur


de tuile en chat

ce n’est pas que je veuille jouer les mary poppins ni les monte-en-l’air
mais je voudrais avoir l’adresse du chat pour sauter sur la lune
lorsque la lune est vague et vaguement sourit aux anges
car ces soirs sont ceux où la lune accueille les filles de l’air
et que l’une d’elle m’a dérobé l’azur

certitude

au temps de neige ton coeur
défense inacceptable
comme tous leurs interdits
mais si l’on pouvait pénétrer au coeur du reflet
en saisir la couleur comme une éclosion d’arbouses
on en déformerait l’espace
jusqu’aux corridors des orangeraies
aux arc-en-cielles pétroleuses
aux soleil d’hiver