carte du tendre

chromatographie du désenchantement
sur le chemin d’un amour perdu

le corps démembré, un morceau dans chaque tombe
sur le mandala je lis dans une tache : « vous n’êtes pas ici »
je sais, je n’y ai plus ma place
mais j’aime encore
les couleurs et les hippocampes,
les bulles de savon

carte du tendre, aujourd’hui j’abdique
mais Tindercard, plus loin, hors de la carte, je rallumerai un feu

modifications corporelles

et puis parfois, cette ville ressemble à joe (et à tous ces vétérans qui y vivent malgré tout)

joe avec sa barbe rousse et ses coups de couteau
avec ses cicatrices subies
et ses scarifications voulues
et ces tatouages d’avant que le tatouage ne soit une mode
quand il était encore l’apanage des légionnaires, des routards des bagnards
des tatouages sombres et bleuissants qui racontent une histoire